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1991 - 36-1. Régulations sociales et fonctionnements cognitifs

ISBN 2-04-012439-X / ISSN 0331-2984

Jean-Léon BEAUVOIS, Jean-Marc MONTEIL


Editorial. Claude BONNET.
Introduction. Jean-Léon BEAUVOIS, Jean-Marc MONTEIL.
Dissonance cognitive, privation de tabac et motivation. Robert-Vincent JOULE.
Perception de la valeur sociale et norme d’internalité chez l’enfant. Nicole DUBOIS.
De l’utilité sociale des traits et des théories implicites de la personnalité. Deux exemples expérimentaux. François Le POULTIER, Nicolas GUEGUEN.
Insertion sociale, catégorisation sociale et activités cognitives. Jean-Marc MONTEIL, Pascal HUGUET.
Le sexe et l’âge, facteurs d’asymétrie dans la similitude perçue entre deux personnes. Marie-Claude HURTIG, Marie-France PICHEVIN, Michel PIOLAT.
Le soi et ses propriétés : analyse critique. Jean-Marc MONTEIL, Delphine MARTINOT.
Processus de mémoire dans la formation des corrélations illusoires. Anne-Marie de la HAYE, Guy LAUVERGEON.
Les effets d’amorçage dans la formation des impressions. Jean-Claude CROIZET.
Nouvelles de la psychologie. Claude LEMOINE.

Dissonance cognitive, privation de tabac et motivation. Robert-Vincent JOULE.

Une expérience a été réalisée pour montrer que la dissonance résultant de la décision de s’abstenir de fumer durant 24 heures (motivation cognitive) avait en matière d’apprentissage des effets analogues à ceux du manque consécutif à une privation effective de tabac de 24 heures (motivation non cognitive) : facilitation des apprentissages impliquant des réponses non compétitives et blocage des apprentissages impliquant des réponses compétitives (cf. Hull, 1943 ; Spence et Spence, 1966). Les résultats obtenus supportent cette attente.

Perception de la valeur sociale et norme d’internalité chez l’enfant. Nicole DUBOIS.

Afin de vérifier l’intervention de la norme d’internalité dans les jugements entre enfants, nous avons demandé à des enfants scolarisés à différents niveaux du cursus de répondre à un questionnaire d’internalité à la fois en leur nom propre et au nom d’un pair identifié par son statut scolaire (un bon élève vs un mauvais élève) ou par son statut affectif (un enfant aimé vs un enfant non aimé). Les résultats confirment : 1) que les enfants font bien fonctionner la norme d’internalité quand ils ont à prédire le registre d’explication causale de leurs pairs à partir des seuls jugements évaluatifs dont ils font l’objet : le pair bénéficiant d’un jugement favorable est perçu comme plus interne que soi, alors que le pair pâtissant d’un jugement défavorable est perçu comme plus externe que soi. 2) que cette norme fonctionne d’autant plus que le pair est référé au contexte scolaire : le bon élève est perçu comme plus interne, par rapport à soi, que ne l’est l’enfant aimé et le mauvais élève est perçu comme plus externe, par rapport à soi, que ne l’est l’enfant non aimé.

De l’utilité sociale des traits et des théories implicites de la personnalité. Deux exemples expérimentaux. François Le POULTIER, Nicolas GUEGUEN.

Les auteurs soutiennent que les théories implicites de la personnalité mobilisées dans des descriptions personnologiques ont des propriétés socio-régulatrices. Dans une première expérience, des enseignants ont eu à décrire, au moyen d’une liste de traits personnologiques, des élèves orientés vers diverses filières professionnelles. Les résultats montrent que ces descriptions ont subi des effets normatifs liés à la valeur sociale attachée à ces filières. Dans une seconde expérience, des élèves ingénieurs ont eu à examiner des offres d’emploi éloignées de leur profil de formation. Il apparaît que les sujets confrontés à des annonces dotées de traits de personnalité surestiment leurs chances d’obtenir ces emplois. La mobilisation d’une théorie implicite de la personnalité entretient ici l’illusion d’une adéquation à un profil pourtant éloigné.

Insertion sociale, catégorisation sociale et activités cognitives. Jean-Marc MONTEIL, Pascal HUGUET.

Les effets des processus de comparaison sociale interindividuelle ou intergroupes sur le fonctionnement cognitif ont été peu étudiés. On teste ici une hypothèse selon laquelle le sentiment d’appartenance de soi à des groupes ou catégories sociales affecte, dans des conditions de comparaison sociale catégorielle, le fonctionnement cognitif. L’expérimentation assigne à des sujets (élèves), placés en situation de comparaison sociale catégorielle, une appartenance congruente ou non avec leur niveau scolaire et réclame de leur part un travail cognitif en rapport avec des tâches de rappel et de reconnaissance. Les résultats montrent une sensibilité cognitive importante des sujets, sensibilité variable selon le statut scolaire. La discussion envisage la perspective d’un réglage social des fonctionnements cognitifs.

Le sexe et l’âge, facteurs d’asymétrie dans la similitude perçue entre deux personnes. Marie-Claude HURTIG, Marie-France PICHEVIN, Michel PIOLAT.

Les sujets ont à estimer la similitude entre deux personnes en comparant leurs photographies. Les deux personnes comparées diffèrent selon le sexe et/ou selon l’âge (enfance, jeunesse, âge mûr, troisième âge). Les données proviennent de 104 sujets de sexe féminin. Par la manipulation du point de référence de la comparaison, on s’attendait à obtenir des effets d’asymétrie de la similitude perçue en fonction du sexe du référent de la comparaison, et du rapport d’âge entre le référent et la personne qui lui est comparée. Les résultats montrent que 1) dans les comparaisons intersexes, la similitude perçue est plus grande quand le référent est de sexe masculin ; 2) dans les comparaisons intrasexe, la similitude perçue est plus grande quand le référent est plus âgé que la personne qui lui est comparée ; 3) le sexe est un facteur d’asymétrie de la similitude quels que soient les âges des personnes comparées, alors que l’âge n’est facteur d’asymétrie que lorsque le sexe n’est pas différenciateur.

Le soi et ses propriétés : analyse critique. Jean-Marc MONTEIL, Delphine MARTINOT.

Abordée depuis longtemps, l’étude du soi demeure cependant très actuelle. La diversité conceptuelle et méthodologique du champ ne facilite pas une représentation claire des conceptions actuelles du soi. C’est pourquoi on s’efforce dans cet article de présenter de manière critique trois des principales approches théoriques du soi : le soi comme structure de connaissance, le soi et l’auto-régulation, le soi et la perspective interactionniste. La question de la stabilité du concept de soi ouvre enfin la voie d’un possible débat et travail sur la construction sociale du soi comme schéma cognitif.

Processus de mémoire dans la formation des corrélations illusoires. Anne-Marie de la HAYE, Guy LAUVERGEON.

On doit à Hamilton et Gifford (1976) d’avoir mis en évidence le phénomène dit de "corrélation illusoire basée sur la distinctivité". Ce phénomène semble solidement établi, mais le modèle théorique proposé par Hamilton n’est pas à notre avis complètement démontré. Dans l’expérience présentée ici, nous tentons d’analyser plus précisément les processus mnémoniques qui le sous-tendent. Les résultats de l’épreuve de reconnaissance sont compatibles avec l’hypothèse hamiltonienne d’attention sélective envers les événements rares. Mais le phénomène de corrélation illusoire n’apparaît que sur l’une des deux variables où on l’attendait, l’estimation d’effectif, et non sur l’attribution de groupe (autrement dit rappel indicé) ; ce qui suggère que ces deux réponses résultent de processus différents. De plus, nous montrons que le taux d’erreurs à l’épreuve de rappel indicé n’est pas directement interprétable (pas plus que l’indice phi, traditionnellement utilisé) car il résulte de la combinaison de deux mécanismes hétérogènes : le rappel proprement dit, et la stratégie de réponse en cas d’oubli. La mise à l’épreuve du modèle d’Hamilton nous semble exiger la construction de dispositifs expérimentaux plus raffinés.

Les effets d’amorçage dans la formation des impressions. Jean-Claude CROIZET.

L’objectif de cet article est de proposer une revue des recherches sur les effets d’accessibilité catégorielle (amorçage) dans la formation des impressions. La présentation de cette littérature se fait en trois parties. Dans la première, nous décrivons et discutons plusieurs hypothèses explicatives de ces effets. La deuxième partie concerne l’étude des effets de contraste qui apporte un renouveau théorique au problème de l’amorçage. Enfin, nous examinons le rôle que les chercheurs ont accordé dans leurs modèles à la composante évaluative, ce qui nous permet d’introduire notre conception des processus qui sous-tendent la perception personnologique.



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