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SNES


Présentation :

Certains nouveaux adhérents ont pu parfois être surpris en découvrant la participation du collectif CO-PSY du SNES, organisation syndicale rassemblant majoritairement des enseignants, au Département des Organisations Associées de la SFP. Cette originalité est le produit de la rencontre de trois histoires : celle des rapports entre enseignants et psychologues dans le second degré, celles des enjeux autour de la profession de conseiller d’orientation-psychologue et plus largement celle de l’histoire de la profession de psychologue.
Depuis l’entrée des conseillers d’orientation dans l’Ecole, ponctuellement d’abord, puis, à partir des années 70, de manière régulière, le métier a toujours été différencié des métiers enseignants, comme peuvent l’être d’autres professions du second degré (conseiller principal d’éducation ou documentaliste, par exemple). Se retrouver dans une même organisation syndicale ne pouvait donc en aucun cas être perçu comme un risque de fusion ou d’ambiguïté quant à la position du psychologue qu’était déjà le conseiller d’orientation. Ceci explique donc qu’une organisation multi-catégorielle ait le souci de prendre en charge toutes ces catégories, aussi bien pour la défense de leurs intérêts matériels que pour la défense de leur identité professionnelle et de leurs missions car celles-ci sont liées à la conception de l’Ecole et du sujet-élève que l’on veut promouvoir.
C’est donc naturellement, à plusieurs reprises dans l’histoire du métier, que le SNES est intervenu pour défendre la qualification de psychologue des CO-PSY, car du point de vue de l’intérêt de l’adolescent, il n’est pas anodin de voir confier l’aide à l’élaboration des projets d’orientation, à un psychologue, à un économiste ou à un administratif. Dans les deux derniers cas, la question du sujet, de son développement, risque de peser bien peu face aux contraintes des procédures d’orientation et d’affectation liées aux capacités d’accueil ou face au diktat des débouchés et de l’insertion à court terme.
Cette controverse sur la conception de l’orientation mobilise périodiquement la profession autour de la défense de son identité professionnelle, de son positionnement, de sa formation et de sa déontologie. Le collectif CO-PSY du SNES a toujours été très actif pour défendre l’ancrage de la profession dans la psychologie.
C’est pour les mêmes raisons que ce collectif participa avec l’ACOP-F et l’AFPS aux travaux de la coordination des psychologues en 1981, puis de l’ANOP, pour faire aboutir la loi sur la protection du titre. Il contribua également, à cette époque, à la mise en place d’une commission nationale sur la formation réunissant enseignants- chercheurs, associations de praticiens et la SFP pour tracer les contours d’une maquette de formation scientifique débouchant sur un DESS pour tous les psychologues de l’Education Nationale. Ce projet constitua une base précieuse lors de l’obtention du nouveau statut en 1991 qui, rappelons-le, fut arraché notamment grace au soutien de la SFP, et particulièrement de Pierre Tap, son Président d’alors.
Ces dernières années, le collectif co-psy fut de toutes les manifestations organisées par les psychologues, et fut lui-même à l’initiative en novembre 2003 et novembre 2004 de deux colloques sur l’utilité sociale des psychologues dans l’Ecole et sur les risques du métier de psychologue dans une société libérale.

Avec le temps, ces trois histoires se sont tressées ensemble inextricablement, gagnant en force et en efficacité dans les batailles à mener, les chantiers à ouvrir, les partenariats à construire.

La SFP constitue sans nul doute un ciment important pour tous les psychologues intervenant dans différents champs parce qu’avant tout elle rassemble, préserve l’identité de chacun, et fait converger les forces pour défendre et promouvoir la discipline et la profession. C’est ce qui fait toute sa richesse et explique que des organisations très différentes - les unes regroupant des praticiens, les autres des chercheurs et enseignants-chercheurs - peuvent y trouver leur place et travailler ensemble.

Catherine Remermier

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